Les Abeilles Noires

Un patrimoine à protéger

L’abeille noire, Apis Mellifera Mellifera, est l’unique race d’abeille mellifère endémique de l’ouest européen. Installée dans les régions françaises depuis un million d’années, elle est notre abeille locale. Sa couleur foncée lui a conféré son nom.  

Une adaptabilité inégalée

Fruit d’une longue évolution, elle a survécu à 2 glaciations, lui conférant ses traits caractéristiques. Capables de tenir des hivers rigoureux comme la chaleur estivale, les colonies d’abeilles noires régulent naturellement leurs populations et leurs réserves, en adéquation avec leur environnement.

Notre « Assurance Pollinisation » face aux dérèglements climatiques

Près de 80% de la production de fruits et légumes dépendent des pollinisateurs, au premier rang desquels figurent les abeilles mellifères. Conserver une pollinisation naturelle est donc un enjeu majeur pour l’humanité. Les abeilles noires sont sans aucun doute les mieux placées pour protéger notre alimentation : d’une part, leur rusticité leur confère une capacité d’adaptation face aux conséquences du dérèglement climatique, d’autre part leur faculté d’autogestion leur permet, au contraire des autres abeilles mellifères importées, d’être indépendante des apiculteurs. Elles sont la clé de voûte d’une pollinisation naturelle, indépendante et résiliente.

Les raisons de son extinction

Les abeilles sont, toutes, confrontées depuis une vingtaine d’année au syndrome d’effondrement des colonies et à des mortalités importantes, menaçant l’espèce. L’effet de plusieurs facteurs simultanés : les pesticides, le varroa (parasite de l’abeille), le frelon asiatique, la dégradation de la biodiversité florale liée à l’agriculture intensive.

L’hybridation, un phénomène d’envergure….

Mais l’abeille noire est confrontée à un autre phénomène, moins connu et pourtant dévastateur, qui entraîne la dilution totale de son patrimoine génétique : l’hybridation.

Pour faire face à leurs réelles difficultés, les apiculteurs ont cherché à travailler avec des races d’abeilles plus dociles et plus productives, de manière à gagner en efficacité économique. Le phénomène a pris de l’ampleur et s’est maintenant accéléré. L’abeille italienne (ligustica), la caucasienne, la carniolienne ou encore la Buckfast (création par croisement) ont envahi les ruchers français à coup d’importations massives de reines et d’essaims. La conséquence : des abeilles non adaptées à notre environnement, « travaillées » et assistées par l’apiculture, qui se reproduisent avec les abeilles noires locales et provoquent leur hybridation.

aux effets dévastateurs.

L’ADN des Apis Mellifera Mellifera et ses précieuses caractéristiques se diluent inexorablement jusqu’à leur disparition programmée si rien n’est fait. Elle a déjà disparu en Allemagne.

Travailler à sa sauvegarde
Les conservatoires

Des associations travaillent à sa sauvegarde, notamment via la création de conservatoires : des zones destinées à être sanctuarisées, et où seules les abeilles noires seraient autorisées. La réalité juridique de ces conservatoires est cependant fragile, en raison du statut ambigüe de l’abeille, classé comme animal d’élevage quand bien même son caractère sauvage est indiscutable. Les conservatoires se confrontent par ailleurs aux intérêts de l’apiculture, qui souhaite conserver ses possibilités de transhumer sur ces zones.

La réintroduction volontariste

Les conservatoires seuls ne peuvent suffire. En alternative complémentaire, nous proposons avec Beez Beez une réintroduction répartie des abeilles noires, via des ruchers de biodiversité soutenus par des entreprises responsables, afin de réinjecter progressivement son ADN au sein des populations d’abeilles. Pour que cette approche soit viable, elle nécessite de la dissocier d’un objectif de productivité de miel.


Pour aller plus loin

Découvrez en quelques minutes et en vidéo les enjeux de la protection des Abeilles noires, avec le Parc national de la Vanoise.

FEDERATION EUROPEENNE DES CONSERVATOIRES DE L’ABEILLE NOIRE (FEdCAN)

La FEdCAN a été créée dans le « but de promouvoir et de préserver l’abeille noire endémique de l’Europe de l’ouest ». Son comité scientifique est présidé à titre personnel par le spécialiste de l’abeille noire, le Docteur Lionel Garnery du CNRS de Gif-sur-Yvette. 

L’ABEILLE NOIRE, UNE PERLE DE PLUS EN PLUS RARE QU’IL FAUT PROTÉGER D’URGENCE.

Présentation de l’Abeille Noire et de ses spécificités, par l’association POLLINIS.

POURQUOI LES ABEILLES DISPARAISSENT

Article du Journal du CNRS exposant les raisons de la disparition des abeilles et notamment l’inadaptation des abeilles importées menaçant l’abeille locale (abeille noire).

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